Domino Studios, le tourisme et la réalité augmentée

C’est avec un grand plaisir que nous vous présentons aujourd’hui la réalisation de la société Domino Studios, une belle entreprise de Ploërmel. Il s’agit d’un circuit touristique utilisant de la réalité augmentée qui met les utilisateurs dans la peau d’un journaliste aventurier de la gazette du dragon, une vraie aventure !

Inutile de vous dire que Domino Studios fait une entrée impressionnante dans le domaine des applications touristiques d’avenir.

L’entreprise : Vous vous présentez sur votre site web mais en quelques mots, pouvez-vous vous en dire un peu plus sur votre société et sur vos parcours respectifs ?

Domino Studios est une agence multimédia située à Ploërmel, près de la forêt de Brocéliande. Nous sommes installés depuis fin 2007 et sommes donc une jeune et rare entreprise du coin à proposer la création d’outils de communication. Nous avons trois secteurs d’activités : service web, audiovisuel et réalité augmentée.

Nous sommes trois dans la société :

  • Maïwenn Penhouët, mon associée et réalisatrice qui s’occupe de la section audiovisuelle et du site www.menu-video.com
  • Fabien Townsend, notre apprenti infographiste
  • Moi même, Daniel Neveux gérant de la société et concepteur multimédia
Qui sont vos clients ? Quels types (particuliers, collectivités, grand groupe, PME, …) ?
Pour l’instant nous travaillons surtout pour les collectivités dans le secteur du tourisme et pour les grands groupes en sous traitance d’agences. Développer la réalité augmentée devrait nous donner plus de poids pour bosser en direct sur des plus gros budgets. Nous cherchons actuellement à travailler avec des agences de pub intéressées par la réalité augmentée.

Domino Studios Augmented Reality for patrimony. Using Int13 Arwiz technology from Dominomenuvideo on Vimeo.

La réalité augmentée : Pouvez-vous nous parler de votre bébé,  le circuit touristique  « A la recherche de l’empreinte perdue« 

Notre bébé à proprement parler se situe plus au niveau de la réalité augmentée que du circuit en général. Ce fut un projet très excitant. Nous avons travaillé avec Int13 qui s’est occupé de l’adaptation de leur API de RA optique (ARwiz), de l’intégration l’interface, ainsi qu’un gros boulot sur un moteur OpenGL encore en dev. Domino s’est occupé de gérer les différents intervenants, du concept des scènes 3D, du design de l’interface, de la modélisation, de l’ animation, de l’export des scènes et leur scripting en LUA.

Pour la première fois, nous pouvons mettre en valeur du patrimoine immatériel en extérieur grâce aux smartphones. C’est un véritable projet pilote qui ouvre des perspectives incroyables pour les musées et pour les sites historiques.

« A la recherche de l’empreinte perdue » vous place dans la peau d’un reporter envoyé par la Gazette du Dragon. Vous aller devoir rédiger (www.gazette-du-dragon.com) votre article en allant pêcher des interviews, des réponses à des énigmes et des photos. Pour évoluer dans ce monde étrange, vous êtes équipés d’un carnet de route, d’un appareil photo magique (le smartphone), et d’un gnomon (un marqueur) comme dans « Indiana Jones et les Aventuriers de l’Arche Perdue ». Le smartphone vous permet de déchirer le voile nous séparant du monde invisible. Vous allez y voir un gardien Chouan légèrement teigneux persistant à garder une tombe depuis plus de 200 ans, une chapelle maintenant disparue, et trois autres scènes en réalité augmentée. Et ce qu’il y a d’unique dans ce projet, c’est que la techno employée est de la RA optique . Rien à voir avec la RA par GPS+boussole !


Présentation circuit touristique avec réalité augmentée from Dominomenuvideo on Vimeo.

Pourquoi avoir ajouter une partie de réalité augmentée dans ce circuit, quel est le « plus produit » par rapport à un audio-guide ou à l’utilisation de code-barres à deux dimensions ?

La réalité augmentée optique permet au visiteur de s’immerger encore plus dans le patrimoine matériel ou immatériel qui l’entoure. Son apport par rapport aux technologie actuelles (GPS, QRcodes, etc…) est gigantesque. Elle ne se contente pas d’afficher du contenu ou de lire un son. Son intérêt est bien au delà : elle permet aux machines de comprendre notre environnement et de modifier la vision que nous en avons. Elle permet de rendre tangible du contenu virtuel (qu’il soit écrit, sonore ou en 3D), ce qu’aucune autre technologie ne peut arriver à faire.

Comment avez-vous présenté l’utilisation de cette technologie à votre client ? Quelles ont été ses réactions ?

Le Pays Touristique de l’Oust à Brocéliande (http://www.oust-broceliande-vacances.com/), le maître d’œuvre du projet souhaitait inclure un volet technologique dans ce circuit. En même temps nous cherchions depuis quelques temps déjà une première façon d’utiliser la réalité augmentée de façon pertinente. A l’époque nous n’avions même pas de démo à présenter, juste des idées ! Nous avons quand même tenté le coup et présenté quelques vidéos trouvées de ci de là sur le net. Et bien ça a suffit ! Le directeur du Pays Touristique a été emballé par la possibilité d’ajouter des éléments dans le paysage, d’immerger le visiteur dans un univers. En plus c’était une première en France. Il est alors parti à la recherche de financement et nous à la recherche d’un partenaire technique. Int13 s’est imposé dès le début. C’était de loin les meilleurs et ils le restent aujourd’hui.

Un peu de technique… Pouvez vous nous parler rapidement de la phase de développement? quelles ont été les contraintes liées à l’environnement extérieur?

La RA optique sur smartphone n’en est qu’à ses débuts. Du coup, il y a quand même des contraintes techniques qu’il a fallu prendre en compte.

Au niveau conceptuel : la tag doit être assez gros et résistant mais doit se faire oublier… Pas facile! Heureusement l’univers graphique nous a bien aidé et nous l’avons transformé en Gnomon, non seulement en raison de sa forme mais en référence à Indiana Jones et les aventuriers de l’Arche Perdue. Quand Indi est dans une salle souterraine et qu’il se sert d’un grand bâton surmonté d’un artefact pour visualiser un emplacement caché. Résultat sur le circuit, les enfants ne lâchent plus le bâton, qu’il leur sert aussi de balai volant ou d’armes des Goa’ulds…

Au niveau technique pure, Int13 a fait un gros boulot. Ils avaient une techno (ARwiz) qu’ils utilisaient dans les jeux, mais en intérieur. L’extérieur demande de s’adapter à pas mal de contraintes : occlusion partielle, soleil, ombre, distance…

Par exemple : la distance du modèle 3D par rapport au marqueur (qui est l’origine du monde 3D). Plus la distance est grande plus l’effet de levier est grand et les erreurs de tracking amplifiées. Pour éviter que le modèle 3D saute dans tous les sens Int13 a mis en place des filtres pour réduire ce bruit au minimum. Une autre contrainte a été la lumière du soleil qui, reflétée sur le marqueur, peut aveugler la caméra. Du coup, Int13 a là aussi du plancher sur le sujet.

Est ce que les données sont elles “embraquées” dans l’application ou elles sont téléchargées? Avec cette dernière option, comment contourner les problèmes de réseaux?

Les données sont intégrées dans l’application par manque de couverture réseau efficace sur le circuit. Nous aurions pu passer par des hotspots wifi mais comme il n’y a que 5 scènes, ce n’était pas nécessaire et tout pouvait tenir dans l’application.

Coté utilisateurs, quel est la cible ? Est-ce que l’utilisation de la réalité augmentée la restreint ?

Pour ce projet la cible est essentiellement les 15-35 ans. Les smartphones étant plus présents sur cette tranche d’âge. Pour l’instant l’application tourne uniquement sur Samsung Wave, mais un portage est prévue sur iOS et certains Androïd dans les mois qui viennent. Evidement les tablettes avec leur grand écran sont aussi ciblées 🙂

Pour parler de la réalité augmentée plus généralement, selon vous existe-t-il un marché en termes d’usages pour les TPE, Artisans ou professions libérales ?

Je pense que oui, surtout au niveau « décision d’achat ». Un artisan peintre vous montre sur votre iPad à quoi ressemblera votre salon après son passage, même chose pour un carreleur, un couvreur, un paysagiste, ou même un dentiste !… Comme la réalité augmentée permet de modifier son environnement elle permet aussi de tester avant d’acheter, donc d’augmenter la confiance du client.

Sans trahir de secrets, est-ce que vous envisager une suite à votre circuit ? Sous quelles formes ?

Le circuit commence à faire parler de lui comme exemple de valorisation du patrimoine. J’espère de tout mon cœur que l’on en verra partout en France!

Pour revenir au concept de réalité augmentée, quelle sera sa place à votre avis dans notre monde en 2030 ?

Pour reprendre les mots de Stéphane, le co-boss d’Int13 : « c’est une première brique pour les robots de demain » Grâce à la RA, les machines peuvent comprendre notre environnement et nous répondre. A vrai dire, on n’y fera même plus attention, ça sera une simple couche d’abstraction intégrée dans n’importe quel objet du quotidien que nous porterons (lunettes) mais aussi robots et appareils domotiques (Une Leia grandeur nature projeté par notre R2D2 rien qu’à nous!). Bref la réalité augmentée fera partie des usages et on sera en train de rêver à bien autre chose. Mais d’abord il faut qu’on passe 2012 hein…

Le mot de la fin…

Si vous cherchez un projet d’avenir, nous sommes là !

Merci de m’avoir donné l’occasion de m’exprimer. J’espère à bientôt 🙂

 

Grégory Maubon (610 Posts)

Grégory MAUBON est responsable des données au sein de HCS Pharma, startup biotech spécialisée dans le high content screening et les pathologies complexes. Il est également Tech Evangelist en Réalité Augmentée depuis 2008, où il a crée le site www.augmented-reality.fr et a co-fondé en 2010, RA’pro l’association de promotion de la réalité augmentée.
=> www.maubon.com