TRIVISIO, à la pointe des lunettes et des casques de réalité augmentée !

Nous entendons souvent parler des même constructeurs de lunettes de réalité augmentée. Pour vous montrer que d’autres solutions existent, nous sommes allés poser quelques questions Gerrit Spaas, président de Trivisio, une entreprise basée en Allemagne, et qui fabrique des lunettes de réalité augmentée depuis déjà quelques années !

Bonjour Gerrit, pourriez-vous nous présenter Trivisio en quelques mots ?

TRIVISIO est un fabricant d’équipements professionnels de réalité virtuelle et de réalité augmentée, avec une très haute qualité d’image, ainsi que d’équipements de capture de mouvement. Notre longue expérience dans ces domaines débutée en 1999 nous a permis de travailler en partenariat avec les plus prestigieuses institutions de recherche (Fraünhofer Institute, CNRS, Harvard,…), de nombreuses multinationales (Volkswagen, SAP, Airbus,…) ou encore des militaires comme l’ US National Guards. TRIVISIO est devenu l’un des experts les plus pointus pour répondre en temps réel aux besoins des professionnels avec des solutions sur mesure combinant optronique et mécanique. TRIVISIO a ainsi développé la seule « tool box » technologique propriétaire lui permettant d’offrir des produits en petite série « plug and play », fiable et de haute qualité aux meilleurs prix du marché professionnel, avec un catalogue d’options très large.

Vous êtes une entreprise relativement discrète dans le domaine de la réalité augmentée mais avec des réalisations impressionnantes en termes de matériel. Pourriez-vous nous dire ce qui vous a amené à travailler dans ce secteur ?

Nous sommes, il est vrai, des ingénieurs et nous nous concentrons avant tout sur la qualité des produits. Nos clients, dont beaucoup de grands groupes industriels, sont fidèles car ils sont contents des produits que nous leur proposons et de la façon dont nous travaillons avec eux pour adapter nos produits à leurs besoins et non pas l’inverse. Ceci nous a apporté un savoir-faire unique, ce qu’il faut faire, mais surtout ce qu’il ne faut pas faire ! Nous nous sommes développés jusqu’à présent par le simple bouche à oreille.

La réalité augmentée a fait une entrée en force avec les Google Glass en 2014. Les industriels ont pris conscience du potentiel énorme de gains de productivité qu’ils pouvaient réaliser avec de tels produits comme par exemple la maintenance à distance ou la formation. Mais l’offre ne répondait pas à leurs attentes : champ de vue trop restreint, mauvaise qualité d’image… Le bonbon était très appétissant, mais beaucoup moins bon une fois en bouche. Nous nous sommes alors rendu compte que nous avions déjà avec les milliers de prototypes réalisés depuis 18 ans toutes les briques nécessaires (optique, électronique, mécanique) pour réaliser des lunettes de réalité augmentée avec une bien meilleure qualité d’image et un champ de vision deux fois supérieur à celui des Google Glass. Grâce à une fabrication internalisée, nous avons pu ainsi mettre au point en quelques mois le LOC20, lunette monoculaire optical see-through avec 20 degrés de Field of View… et 30% moins cher que les Google Glass. C’était la première étape de nos aventures dans la réalité augmentée.

Aujourd’hui où en êtes-vous dans la mise au point de lunettes de réalité augmentée ? Quels sont les principales évolutions ces deux dernières années dont vous avez su ou pu tirer profit ??

Outre le LOC20, nous avons déjà plusieurs produits de réalité augmentée en phase commerciale. Suite à des discussions avec des chirurgiens qui souhaitaient pouvoir examiner des détails très précis sur des images de scanner par exemple, nous avons développé le LOC30, avec un champ de vue de 30 degrés et encore une meilleure qualité d’image. Si vous projetez un texte sur la lunette écrit en police 5, vous arriverez à le lire ! Ca, personne d’autres ne sait le faire.

Nos clients ont besoin de mobilité. Nous avons donc aussi mis au point un petit PC portable, le DartBox, de la taille de la main que vous pouvez mettre dans votre poche arrière, et relié par un câble aux différentes lunettes de notre catalogue. Ceci permet d’avoir une autonomie de 8 heures, essentielle en milieu industriel, sans que cela ne chauffe sur votre tête, et de communiquer avec l’extérieur (son, photo, vidéo, document,…) pour de la maintenance à distance par exemple dans les deux sens comme avec Skype, mais sur un réseau privatif, sujet sensible également dans de nombreuses sociétés.

Nous ne pouvions bien sûr pas en rester là. Nous avons donc mis au point l’année dernière des lunettes binoculaires optical see-through, l’ARS 30, avec l’objectif affiché de faire beaucoup mieux que les Hololens pour un prix équivalent : moins lourd, 30 degrés de vision sur chaque œil, et toujours une superbe qualité d’image. Nous les avons testées avec de grands groupes allemands qui en sont très satisfaits et ont passés leurs premières commandes !

Comme vous l‘avez compris, notre organisation, notre histoire, nos compétences et l’interaction avec nos clients, tout cela nous a permis de développer de nombreuses briques techniques qu’il nous suffit maintenant d’emboîter les unes avec les autres : système d’exploitation, nombre et définition des caméras, eye-tracking, active ou passive stereo, type de connectiques, couleur des lunettes,… les options sont immenses et tout cela à un rapport qualité/prix imbattable pour les professionnels

Nous avons donc décidé de passer maintenant à la vitesse supérieure et de mieux nous faire connaître, notamment auprès des acteurs français. C’est pourquoi nous serons présents cette année à Laval Virtual avec notre partenaire entrepreneur Philippe Hugeron avec qui nous nous sommes associés pour développer notre activité en France.

Du côté des usages, comment voyez-vous l’utilisation de vos matériels dans l’industrie et à quelles échéances ?

Les usages peuvent être très nombreux dans tous les domaines. Il y a des thématiques très porteuses comme la maintenance à distance, mais ce n’est pas la seule : formation, loisir, santé, tourisme, transport,…

Le problème pour moi, ce n’est pas le manque d’usages potentiels. Le PDG de l’une des plus grandes sociétés mondiales de logiciels me disait il y a un an que ses équipes avaient une imagination débordante pour l’utilisation de la réalité augmentée, mais que ce qui lui manquait, c’était des équipements pour les mettre en œuvre ! Car la réalité augmentée est plus exigeante que la réalité virtuelle : il s’agit ni plus ni moins que de « coller », voire de faire bouger un contenu informatif sur la réalité, alors même que vous pouvez vous déplacer au sein de cette réalité. En d’autres termes, c’est de la réalité virtuelle avec en plus, une analyse et une synchronisation permanente avec la réalité telle que vous la voyez.

C’est pourquoi je pense que le marché professionnel va jouer un rôle majeur dans le développement de la réalité augmentée à l’inverse de la réalité virtuelle où des appareils très bon marché maintenant ont permis de conquérir le grand public. Car il faut de la puissance de calcul, de très bonnes images et beaucoup de précisions. Et cela a un coût.

Les choses vont se faire par étapes. Dans ce contexte, les produits de qualité et bon marché (pour des professionnels j’entends), tels que ceux développés par TRIVISIO vont avoir une place prédominante et vont permettre à la réalité augmentée de se déployer rapidement. Je le vois partout dans le monde. Ca part, c’est en train de se passer. Si les produits sont là, le marché va décoller car le développement des usages va suivre.

Souhaiteriez-vous nous en dire plus sur un de vos prochains défis en lien avec la réalité augmentée ?

Nous aimons effectivement relever des défis. Un développement auquel je crois beaucoup est l’intégration de la réalité augmentée dans des casques existants comme ceux des motards, des policiers ou des pompiers. Par exemple, lorsqu’un pompier est en action dans un bâtiment en feu, la scène est souvent très bruyante. La meilleure façon de l’informer, par exemple sur un danger imminent, c’est de lui projeter des informations dans son champ de vision. Nous travaillons sur ce sujet très complexe avec différentes problématiques, notamment d’homologation. Nous espérons pouvoir faire des annonces sur ce sujet d’ici la fin d’année. Mais d’ici là, n’ayez crainte, nous vous réservons beaucoup d’autres bonnes surprises !

Merci Gerrit pour toutes ces explications et rendez-vous à partir du 22 mars prochain sur Laval Virtual pour en savoir plus sur TRIVISIO !

Grégory Maubon (602 Posts)

Grégory MAUBON est responsable des données au sein de HCS Pharma, startup biotech spécialisée dans le high content screening et les pathologies complexes. Il est également Tech Evangelist en Réalité Augmentée depuis 2008, où il a crée le site www.augmented-reality.fr et a co-fondé en 2010, RA'pro l'association de promotion de la réalité augmentée. => www.maubon.com


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