La Paris Retail Week en deux points de vue !

Le mois dernier s’est déroulée la Paris Retail Week, un bon moyen de toucher du doigt les évolutions du commerce et du e-commerce. Plutôt que de nous concentrer uniquement sur les démonstrations et les propositions de services incluant de la réalité augmentée, je vous propose une vue croisée du salon entre Myriam Vernay (accompagne la transformation du commerce avec lecommerceautrement.com) et moi même. Et oui, la réalité c’est bien, mais ce n’est pas la solution à tous les problèmes 🙂

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Bonjour à tous les deux ! Pour commencer simplement quelle est votre impression générale sur la #PRW ?

MV : Trouver dans le même espace une offre répondant aux nouveaux enjeux du commerce online et offline est en soi très intéressant : tous les thèmes porteurs comme la digitalisation des points de vente, la Data, le marketing d’influence, l’IT for commerce… étaient représentés par les pointures du domaine et des jeunes pousses. Ce qui il y a quelques années, serait passé pour de la science fiction est aujourd’hui bien réel et concret. Le retail augmenté c’est pour aujourd’hui et #PRW en a été une belle vitrine.

GM : J’ai trouvé le salon très dynamique cette année avec en particulier un coin “startups” rempli d’idées très intéressantes ! On sait déjà que le numérique est au coeur du retail mais en parcourant les allées de ce salon on se rend compte que cet outil magique, censé faciliter les relations avec les clients, n’est pas si simple à maîtriser ! Je me mets aussi à la place des utilisateurs, il y a beaucoup d’offres. Ce n’est pas simple de savoir comment avancer, d’autant que sur tous les stands on voit s’aligner les références de marques connues 🙂

Quels sont les quelques éléments qui vous ont impressionnés sur cette édition ?

MV : En terme de technologies, j’ai été assez impressionnée par toute l’offre tablettes vendeurs dans cette logique de service et d’omnicanalité avec une mention spéciale à Octipas . Toutes les technologies qui permettent de valoriser, de véhiculer une image de marque et de “ressentir” le produit, que ce soit la 3D, la réalité augmentée ou un caisson studio-photo sont intéressants.

Ce qui m’a aussi frappé, ce sont les exemples et les témoignages d’entreprises pionnières en terme d’expérience client et de digitalisation lors des keynotes et des workshop

GM : Je suis forcement focalisé sur l’usage de la réalité augmentée et j’ai beaucoup apprécié les application proposé par Keyveo autour des technologies immersives. L’approche mixant la réalité augmentée, la réalité virtuelle, la modélisation 3D ou même la géolocalisation en magasin pour répondre aux besoins des clients me semble très pertinente.

J’ai aussi beaucoup aimé l’enthousiasme et la vision des toulousains de Dilit. Ils combinent les coupons, le jeux et le communautaire avec juste ce qu’il faut de géolocalisation et de réalité augmentée ! Ca promet !

Et ceux que vous auriez aimé voir mais qui n’étaient pas là ?

MV : Il y a clairement un retour à l’essentiel et au fonctionnel dans l’offre présentée et dans le thème même du Live Retail. Pour gagner en crédibilité et se diffuser je pense que c’est important. Il m‘a manqué un peu d’effet wahou pour séduire les millenials, pour répondre à des évènements et aussi correspondre à des ADN de marque plus premium, voire luxe ou tout simplement plus porteuse d’émotion.

Tout ce qui est personnalisation est une tendance de fond : bornes ou caissons de prise de mesure, écrans d’essayage virtuel, outils de personnalisation à l’infini d’un produit ou du parcours du shopper dans un magasin aurait pu être toutefois plus présents.

GM : Plus de réalité virtuelle et de réalité augmentée 🙂 J’avoue être surpris d’avoir vu si peu d’offres au final. Évidemment, quelques exposants montraient des casques de type cardboard et Microsoft proposer des démonstrations d’usages de Hololens. Mais tout cela était plutôt timide à l’heure ou on parle beaucoup de l’évolution du magasin et du besoin d’expériences pour les clients. On parle partout de l’omnicanal et de la digitalisation du point de vente (la fameuse phygitalisation) mais concrètement on reste sur des sites e-commerce couplés à des applications … On sait que la réalité augmentée peut permettre également de restreindre le stock physique des magasins sans pour autant restreindre le choix des clients (essayages virtuels). J’aurai aimé voir ce genre de produits plus mise en avant.

Quelle est, pour vous, la place des technologies immersives dans les solutions proposées ? Est-ce suffisant, insuffisant, inutile ?

MV : Forcément pour moi, la technologie prend toute sa place quand elle s’efface au profit de l’expérience client 😉 Toutes ces technologies immersives sont complémentaires et indispensables aussi bien en BTOB qu’en BTOC . On ne peut pas nier l’intérêt aujourd’hui de placer virtuellement dans son salon le fauteuil qu’on convoite (idem pour une PLV dans le magasin d’un revendeur), de tester et de se voir avec de multiples paires de lunettes, de s’immerger dans des terres lointaines pour vérifier le budget conséquent, d’apprendre à réparer son vélo en 3D, de vérifier que la robe de mariée que l’on a choisie nous fait une silhouette de rêve en tournant autour de son propre hologramme…. Ni de passer un moment ludique en chassant les coupons ou les bonnes affaires pendant les 3J d’un célèbre magasin… C’est le client au final qui juge si la technologie est gadget ou non ou si elle est porteuse de valeur ajoutée.

GM : Il y a encore quelques progrès à faire, je pense, dans l’adoption de ces technologies 🙂 Les professionnels semblent assez frileux même si je crois que les clients ont déjà franchi le pas. Évidemment, il faut des outils pour faciliter l’accès des professionnels à ces technologies. Des solutions commencent à apparaître dans ce sens mais je reste surpris que des outils comme ScanCube ou Orbitvu ne proposent pas la création de modèles 3D « AR ready » à partir d’objets physiques.

Finalement, après cette visite, comment voyez-vous évoluer le retail grâce au numérique (ou à cause de lui) ?

MV : Le retail sera surtout ce que le consommateur sera. Vu la rapidité du changement, ce n’est pas une question aisée. J’imagine que la frontière entre l’e-commerce et le commerce n’existera plus, nous serons plus que dans l’omnicanal, dans un one-channel composé de tout notre écosystème.

De par la connaissance accrue de nos attentes, de nos profils, … tout notre parcours sera entièrement personnalisé.. Les magasins continueront d’exister mais sous de multiples facettes selon les ADN des marques et les enseignes. Ils seront des lieux de vie, de show rooming et d’expérience. La digitalisation sera omniprésente mais tellement intégrée dans nos usages que nous n’y ferons plus attention.

GM : Je ne pourrai pas dire mieux que Myriam, sauf peut être que, pour moi, le magasin tel que nous le connaissons comme endroit où se passe la vente, va complètement disparaître. La notion d’omnicanal implique que la vente pourra avoir lieu partout. Les achats “contraintes” vont également disparaître puisque nos profils deviennent suffisamment précis pour anticiper nos besoins courant. Et oui on revient au Frigo qui passe des commandes tout seul 🙂 Il restera donc des lieux d’animation, d’expérience de marque où les “vendeurs” seront là pour partager et conseiller … ou pas !

Grégory Maubon (606 Posts)

Grégory MAUBON est responsable des données au sein de HCS Pharma, startup biotech spécialisée dans le high content screening et les pathologies complexes. Il est également Tech Evangelist en Réalité Augmentée depuis 2008, où il a crée le site www.augmented-reality.fr et a co-fondé en 2010, RA'pro l'association de promotion de la réalité augmentée. => www.maubon.com


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