Les éditions du Petit Saturnin font rimer art, pédagogie, sérigraphie avec réalité augmentée

Nous vous proposons aujourd’hui de faire un tour du coté d’Angoulême pour découvrir une maison d’édition à part. En effet, les éditions du Petit Saturnin ont décidé de mettre la technologie (et plus particulièrement la réalité augmentée) au service de l’art et de la pédagogie. Vous vous demandez comment ? Allons donc poser la question à Audrey Sedano pour en savoir plus.

Bonjour Audrey, pourrais-tu te présenter et nous décrire les éditions du Petit Saturnin ?

Les Éditions du Petit Saturnin

Après un doctorat de bio-informatique à l’Ecole Polytechnique, j’ai décidé de changer radicalement de domaine. Illustratrice n’a tout d’abord été qu’un rêve d’enfant. J’ai grandi dans une famille où la science (père, grand-père, arrière-grand-père) a autant d’importance que l’art (mère et grand-mère). Ce n’est qu’en devenant maman que j’ai succombé à mes premières amours : la littérature et le dessin. J’ai également une longue formation musicale en Conservatoire et une expérience de plusieurs années de chanteuse lyrique. Aussi j’ai fini par tout rassembler pour fonder ma propre maison d’édition : Les Editions du Petit Saturnin.

Les Editions du Petit Saturnin ont plusieurs lignes éditoriales, toutes complémentaires et liées entre elles. Tout d’abord, la publication de bandes dessinée sonorisées (BD accompagnée d’un CD audio). C’est un concept où les bruitages donnent une nouvelle dimension aux images. Les BD ont toutes un fond pédagogique, qu’elles soient pour les touts petits ou pour les adultes. Ensuite, des séries de linogravures inspirées de l’univers de chaque BD constituent des expositions où la Réalité Augmentée prend peu à peu sa place. Et enfin, des malles pédagogiques dédiées aux enseignants permettent d’exploiter au mieux les BD avec les élèves.

Dans quelle conditions utilises-tu la réalité augmentée pour tes expositions et pourquoi avoir choisi cette technologie ?

En parallèle des publications des Editions, je réalise des illustrations pour des expositions indépendantes comme la série « Architecture Augmentée » réalisée avec la Fabrique Les Mains Sales. L’ensemble de ces sérigraphies sur l’architecture et l’histoire de la ville d’Angoulême prend vie grâce à la réalité augmentée afin de faire le lien entre l’illustration et des documents d’archive, mettant en valeur le patrimoine d’un lieu.

La réalité augmentée est une technologie accessible à tous. Elle permet de rendre acteur le visiteur, et de jouer avec les illustrations présentées.

Quelles sont les réactions des visiteurs ? Comment voient-ils l’apport de la réalité augmentée dans leur visite ? Penses-tu que la RA est un outil qui aide et/ou renforce la pédagogie ?

Le concept surprend véritablement le visiteur, qui ne s’attend pas à trouver un travail si riche en plus des illustrations d’art. Je ne conçois pas la RA autrement que comme un support supplémentaire permettant de retranscrire le travail effectué, de faire résonner le passé et raisonner le visiteur. Nos expositions sont résolument pédagogiques, peu importe le public.

Dans le cas de l’exposition « Architecture Augmentée », le public découvrira l’histoire de plusieurs bâtiments de la ville d’Angoulême ainsi que leur évolution architecturale, tout en gardant un oeil sur l’illustration. La RA plonge le public dans une ambiance sonore pour chaque activité industrielle passée du bâtiment.

Dans le cas de l’exposition « Jungle Augmentée », le jeune public découvrira en observant des linogravures d’animaux tirés de la bande dessinée Luis et Titi, leurs cris, leur noms et leurs photographies réelles.

Sur un plan un peu plus technique, quelles solutions de réalité augmentée utilises-tu et pourquoi ?

N’ayant pas la possibilité de disposer d’une application propriétaire afin de proposer de la réalité augmentée, j’ai cherché un dispositif ouvert, gratuit et existant. J’ai alors trouvé l’application « HP Reveal » (anciennement Aurasma) qui permet d’enrichir à la demande les visuels ciblés et d’y associer plusieurs types de supports augmentés (image, vidéo, son). L’interface est simple d’utilisation, qu’elle soit sur un ordinateur (studio HP Reveal) ou sur l’application d’un smartphone.

As-tu identifié des contraintes ou des difficultés inhérente à la technologies ? Quelles sont aujourd’hui les limites qui te paraissent les plus énervantes ?

THEATRE

Sérigraphie 30×40 – Audrey Sedano – 2018 – Les Mains Sales

La dépendance à une application non maîtrisée, imposant à tous les utilisateurs la création d’un compte utilisateur, puis l’abonnement à ma chaîne de réalité augmentée constitue un frein à l’utilisation de ce support. De plus, il est indispensable de disposer sur les lieux d’exposition d’un accès internet, ce qui peut poser quelques difficultés. Le récent rachat d’Aurasma me fait craindre de brusques changements de politique commerciale qui pourraient annihiler tout mon travail.

C’est pourquoi je souhaiterais disposer d’une application appartenant aux éditions, qui me permettrait d’éviter tous ces désagréments.

Que penses-tu de l’arrivée des lunettes de RA ? Est-ce que selon toi c’est un outil qui va améliorer les expériences?

Les lunettes de RA ne constitueront a priori pas dans mon cas un nouveau support de travail. Je souhaite pouvoir conserver un lien à la réalité, à la texture du papier, à l’oeuvre. Aussi, tout observer à travers un prisme qui nécessairement créera une distance qui ne me semble pas souhaitable dans mes expositions.

De manière plus général, la RA est-elle selon toi un moyen de rapprocher le public du support papier/ de donner envie au public d’investir de nouveau dans des supports papiers ?

Je pense effectivement que nous avons avec la RA une chance unique d’accroître l’attrait de supports papiers qui peuvent paraître désuets et dépassés aujourd’hui, à mon plus grand regret croyez-moi ! Malheureusement, les enfants sont attirés par le numérique et l’utiliser dans mes expositions ou mes livres à des fins de pédagogie me parait être un bon compromis.

Tous les supports s’y prêtent, que cela passe par la sérigraphie, par la linogravure, ou plus simplement par l’impression de livres.

La création de ma propre maison d’édition a d’ailleurs pour objectif de proposer de nouveaux supports, de beaux ouvrages cartonnés et français, augmentés d’une dimension sonore par son CD et ses bonus pédagogiques en RA, pour séduire la nouvelle génération de lecteurs.

Envisages-tu de réaliser de futurs projets avec les nouvelles technologies ? (VR, AR et/ou XR), si oui peux-tu nous citer quelques exemples ?

Vernissage Architecture Augmentee – 8 juin

Bien sûr ! Je travaille ainsi actuellement activement à ma prochaine bande dessinée sonorisée et… augmentée ! Saint Sat’, un pas si vilain petit canard propose une aventure autour du patrimoine du village de Saint-Saturnin en Charente. Cet ouvrage repose sur un important travail de recherche. La réalité augmentée apportera de nombreuses surprises tout au long des pages et permettra de découvrir ce travail de documentation.

Un grand merci Audrey pour le temps que tu nous as accordé ! N’oubliez pas de participer aux prochains événements RA proposés pas Audrey Sedano et les Editions du Petit Saturnin :

Grégory Maubon (634 Posts)

Grégory MAUBON est responsable des données au sein de HCS Pharma, startup biotech spécialisée dans le high content screening et les pathologies complexes. Il est également Tech Evangelist en Réalité Augmentée depuis 2008, où il a crée le site www.augmented-reality.fr et a co-fondé en 2010, RA'pro l'association de promotion de la réalité augmentée. => www.maubon.com


1 comment for “Les éditions du Petit Saturnin font rimer art, pédagogie, sérigraphie avec réalité augmentée

  1. 18 juin 2018 at 14 h 39 min

    La réalité augmentée est vraiment bien représentée dans ce travail. Très beau, très réel et qui plus est avec les ‘esquisses ».

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