Un court bilan du RA’telier du 19 mars sur les lunettes et les casques de réalité augmentée

C’est avec beaucoup de plaisir que RA’pro a organisé une édition des RA’telier le 19 mars dernier sur le thème des lunettes et des casques de réalité augmentée. Avec une quinzaine de participants les échanges ont été vifs et riches ! Je vous propose une petite synthèse ici, qui ne se veut pas exhaustive mais qui vous donnera une idée des points abordés.

Etat des lieux

Commençons par un état des lieux aujourd’hui. Il y a plusieurs constructeurs capables aujourd’hui de proposer des modèles de lunettes disponibles et utilisables. Microsoft est à la pointe avec ses Hololens en version 2 mais Vuzix, Google et Epson sont dans le domaine depuis des années et ont des modèles solides. Plusieurs acteurs sont récents comme Nreal ou Realwear et on a vu au dernier CES d’autres marques arriver dans un secteur qui semblait stabilisé.  On a vu également ces derniers mois des entreprises disparaitre comme Daqri, ODG ou Meta (ressuscité ensuite en Meta View) … Bref, le secteur est loin d’être stabilisé et même des levées de fonds faramineuses comme celles de Magic Leap n’assure pas un succès commercial.

Mais ce type de lunettes n’est pas le seul disponible. Des acteurs comme North ou Snap ont tenté de cibler une clientèle plus grand public avec des designs fins et élégants, au détriment il est vrai des fonctionnalités. On peut même en venir à se demander à quoi peuvent servir ces lunettes qui, pour plusieurs centaines de dollars, vous proposent en définitive un affichage tête haute … Le contenu n’étant pas d’un intérêt notoire on peut dire que, commercialement, ce sont des échecs. L’autre type de matériel qui s’est développé depuis 2 ans est représenté par les R1 de LYNX. Ce sont des casques équipés de caméra qui filment l’environnement et le propose à l’utilisateur sur des écrans proches des yeux. Entre les deux, l’image est augmentée. Les progrès techniques ont considérablement réduit les temps de latence au point qu’ils ne sont plus perceptibles aujourd’hui. D’autres constructeurs sont prêt comme HTC avec son dernier Vive Cosmos.

Quels modèles pour quels usages ? Y a-t-il de la place pour tout le monde ? Difficile de répondre pour le moment car chaque modèle apporte ces avantages et ces inconvénients. Si vous envisagez un projet à base de lunettes de réalité augmentée, vos possibilités grandissent …

Massification de l’adoption

Si tous les participants partageaient la conviction que les lunettes viendront à terme remplacer ou compléter le très peu pratique smartphone, la méthode de massification de l’usage reste inconnue. En effet, ces matériels sont et resteront pour quelques temps assez chères. Ils seront probablement plus onéreux que des casques de réalité virtuels car techniquement plus complexes. Qui va payer pour les diffuser ?

Deux exemples peuvent nous mettre sur des pistes. Les smartphones ont été largement sponsorisés sur le marché grand public par les opérateurs de téléphonie. L’arrivée de lunettes signées Apple (qui sera inévitablement suivit par d’autres marques de smartphones) pourrait enclencher la machine et nous serions apparaître des offres couplées probablement appuyées sur les abonnements 5G.  Mais rappelons-nous également que les terminaux durcis à destination des entreprises ont été plutôt sponsorisés par les intégrateurs d’applications qui trouvaient là une manière d’être au plus près du terrain.  La démarche actuelle de Microsoft qui couple Hololens et la série « Dynamics 365 » y ressemble beaucoup non ? Il reste à mettre dans la boucle les partenaires et intégrateurs de solutions Microsoft pour que la diffusion commence.

L’avenir ?

Nous ne savons pas quels types de lunettes prendra l’avantage sur les autres, ni qui finalement devra faire le premier effort pour les diffuser mais nous avons tous convenu que le secteur ne va pas se stabiliser dans les 5 ans qui viennent ! Si vous avez en tête un projet, il est clair que cela va vous complexifier la tâche. Mais vous pouvez également le voir comme une excellente opportunité pour explorer plusieurs pistes. Cela doit surtout vous inciter à concentrer le maximum de vos efforts (et de votre budget) sur le contenu plus que sur le contenant. Les modèles changeront et seront probablement incompatibles entre eux. La vraie question : Comment faire en sorte que ce que vous développez soit réutilisable avec le minimum d’effort ?

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