ARinsight, la réalité augmentée comme assistant à la valorisation du patrimoine

Nous vous proposons aujourd’hui d’aller à la rencontre de l’entreprise ARinsight, localisée à Malemort (Corrèze) qui propose plusieurs applications dans le domaine du tourisme et de la valorisation du patrimoine. Jean-Jacques Prigent, fondateur et vice président, nous explique l’origine de l’entreprise et ses projets actuels.

Bonjour Jean Jacques, pourrais tu te présenter et nous parler de ARinsight ?

Bonjour Grégory, graphiste de formation, j’ai fondé ARinsight avec Stéphane, mon associé en 2013. Autant te dire qu’à cette époque, à part quelques initiés, quand tu parlais de réalité augmentée, tu passais pour un extraterrestre. 

Pour moi, tout est parti du QR Code, ce lien entre le monde physique et le web. Lors de mes pérégrinations sur la toile, j’ai fini par découvrir des sites aux Etats-Unis et un, français… RA’Pro qui parlaient de Réalité Augmentée. 

Dès lors, j’ai eu le sentiment que cette association de technologies serait prometteuse… mais comment relever le défi, avec qui ? dans quel cadre l’utiliser ? Autant de questionnements qui m’ont empêché de fermer l’œil pendant de longues nuits avec un mélange d’excitation et d’incertitudes face à ce projet.

Les premiers échanges sur la RA se sont fait avec des proches, mon épouse avec qui, j’aime discuter des futurs projets et des connaissances comme Stéphane, développeur, avec qui je parlais de faisabilité technique. 

En intérieur ? En extérieur ? L’idée d’utiliser la géolocalisation en extérieur a fait son chemin, la valorisation de patrimoine naturel et/ou bâti s’est imposée et c’est ainsi que nous avons créé avec Stéphane ARinsight. 

Vous travaillez dans le domaine du tourisme et plus particulièrement sur des applications de découvertes “actives” d’un lieu. Peux-tu nous décrire un usage caractéristique dans ce domaine ?

Notre tout premier projet fût la valorisation du site gallo-romain de Tintignac en Corrèze. 

L’application de mise en valeur du site de Tintignac

Nos clients nous ont demandé de réaliser ce que nous qualifions de « Super Audioguide » qui intègre des textes, images, vidéos, voix off et réalité augmentée voire réalité virtuelle pour cette application. 

En effet, le visiteur se retrouve sur un site dans lequel subsiste uniquement les restes de deux fanums, le reste n’est qu’un pré qui ne laisse rien apparaître. 

Lors des déplacements géolocalisés du mobinaute, les informations sont transmises et face à certains points, il se retrouve plongé dans le site avec ses bâtiments d’époque, temple, tribunal, cirque… et ce, à plusieurs époques. Ainsi, le visiteur prend encore plus conscience de l’importance du site tel qu’il était il y a plus de deux mille ans.

Sur la fin du parcours, nous avons également réalisé une table d’orientation virtuelle qui permet une lecture du paysage à 180°.

Il y a beaucoup de propositions dans ce secteur, plus ou moins technologiques. Qu’est ce que la réalité augmentée apporte de plus à l’utilisateur ?

« Une image vaut mille mots ». La réalité augmentée apporte une lecture plus claire de l’environnement dans lequel se déplace l’utilisateur. Dans le cas de nos applications de valorisation, la superposition d’une image 2D ou 3D fait passer une information visuelle difficilement descriptible à l’oral. 

Cette expérience ludique permet de faire passer des messages entre autres aux jeunes en utilisant des codes qu’ils retrouvent, par exemple, dans les jeux électroniques.

Par ailleurs, exit la présence de panneaux sur des lieux naturels, les informations visuelles se retrouvent en superposition sur le paysage. Nous préconisons à nos clients de limiter l’intervention humaine via de l’affichage sur des sites naturels afin d’être en harmonie avec la philosophie du lieu. 

D’un point de vue technique, quels choix avez-vous fait ? Est-ce que vous développez votre technologie en interne ? 

Oui, tout a été développé en interne, nous avons utilisé des technologies connues (gps, magnétomètre, accéléromètre, gyroscope). Cela nous permet d’optimiser une compatibilité proche de 90% des smartphones et tablettes, la plupart de ces capteurs étant, plus ou moins, réservés à des machines haut de gamme pour Android, mais cette situation évolue positivement.

Est-ce que, pour toi, la technologie est mature pour ces usages ou manque-t-il des éléments ?

La performance des téléphones et tablettes a considérablement augmenté ces dernières années, ce qui nous a permis de gagner en fluidité dans l’affichage de la RA sans perdre en qualité d’image. L’avènement d’une 5G « performante » va également apporter une grande souplesse dans l’utilisation de cette technologie mais à mon sens les constructeurs vont devoir travailler encore plus sur l’autonomie du matériel, l’affichage de la réalité augmentée sollicitant énormément les batteries.

On parle beaucoup de Metaverse depuis quelques mois. Est-ce que cette mode a modifié les demandes des utilisateurs, est-ce que tu as senti un changement de positionnement par rapport aux technologies immersives ?

Je ne suis pas le mieux placé pour parler des technologies immersives comme le Metaverse car elles ne correspondent pas à la philosophie de notre société. 

Nous ne souhaitons pas « enfermer »  les utilisateurs de nos applications dans un univers numérique global, nous avons créé ARinsight car nous souhaitons que les mobinautes prennent conscience que l’univers qui les entoure est fragile, qu’il soit naturel ou bâti. 

En amont, nous travaillons avec nos clients de manière à ce que les visiteurs aient accès à l’information tout en profitant du milieu dans lequel ils évoluent car il ne faut pas oublier qu’ils sont venus avant tout pour découvrir un site avec une information de qualité et précise, d’où le grand plus qu’amène la réalité augmentée.

Quelles sont les prochaines étapes pour ARinsight ?

Nos prochaines étapes… se faire connaître encore plus au travers de nos applications et de notre savoir-faire. 

Nous concevons des outils à la demande et nous proposons également plusieurs applications, comme par exemple phyto’alerte qui permet à un agriculteur de prévenir le voisinage ou des randonneurs des prochaines pulvérisations de produits phytosanitaires et, là encore, nous intégrons la RA en affichant en temps réel les traitements dans le paysage. 

Nous réfléchissons régulièrement à la conception d’applications « utiles », qui apportent un plus aux utilisateurs.

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Un grand merci à Jean-Jacques Prigent pour le temps qu’il nous a accordé. Vous pouvez trouver l’ensemble des réalisation de l’entreprise sur son site internet.

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Grégory MAUBON est coordinateur numérique chez HCS Pharma, une startup biotech axée sur la R&D in vitro, spécialisée dans le criblage d’imagerie cellulaire à haut contenu (HCA) et à haut débit (HCS). HCS Pharma commercialise des produits basés sur la technologie BIOMIMESYS® et développe ses propres modèles cellulaires 3D dans sa matrice extracellulaire exclusive BIOMIMESYS®. Il gère les missions informatiques et anime les usages numériques liés aux besoins de l’entreprise. Il travaille sur la gestion des données en tant que CDO (Chief Data Officer) et dirige le programme R&D Intelligence Artificielle de l’entreprise.

Il est également consultant indépendant en Réalité Augmentée depuis 2008, où il a crée le site www.augmented-reality.fr et a co-fondé en 2010, RA’pro l’association de promotion de la réalité augmentée. Son expérience du domaine s’est forgée dans l’accompagnement de nombreuses entreprises, de tous les secteurs, sur la mise en place effective de la réalité augmentée ainsi que sur la définition d’objectifs et de critères de succès.

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