Augmented Times – les nouvelles mensuelles de la réalité augmentée – Février 2026

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Cela ne va pas vous surprendre, mais le mois de février a été bien occupé par des questions sur les lunettes connectées, et particulièrement par des questions de sécurité des données. Si vous pensiez que votre vie privée était déjà en lambeaux, attendez de voir la suite !

Meta, jamais en reste, a annoncé le retour de la reconnaissance faciale dans ses lunettes connectées. Après avoir abandonné cette fonctionnalité en 2021 pour des raisons éthiques et techniques, l’entreprise relance « Name Tag », un système qui permettra d’identifier les personnes croisées et d’afficher des informations via son assistant IA. Meta justifie ce retour par des avancées technologiques, mais on peut évidemment s’interroger sur les risques pour la vie privée. L’entreprise semble déterminée à pousser les limites, profitant d’un contexte politique plus clément. Si l’idée de ne plus jamais oublier un nom peut séduire, celle de voir son visage scanné à son insu l’est beaucoup moins. D’ailleurs une application nommée Nearby Glasses alerte les utilisateurs de la présence potentielle de lunettes connectées à proximité. L’histoire éternelle de la lance et du bouclier ? Dans le même temps, un intérimaire de 19 ans a passé 48 heures en garde à vue après avoir été surpris avec des lunettes connectées Ray-Ban Meta sur un site de Dassault Aviation, on se dit que les entreprises aussi vont devoir repenser leurs politiques de sécurité, sous peine de voir leurs secrets industriels s’envoler en un clic. Un simple “gadget” peut devenir une arme, et cette affaire pourrait bien être la première d’une longue série puisque les ventes ont explosé en 2025 : plus de sept millions d’unités écoulées, soit trois fois plus que l’année précédente. Le couple EssilorLuxottica – Meta domine le marché. Mais le groupe ne se contente pas de vendre des lunettes : il se positionne comme un acteur majeur des technologies médicales et des big data, avec des produits comme les lunettes-aides auditives Nuance Audio. Une diversification à suivre avec attention puisque dans ce cas, les usages sont clairs et concrets. 

Google a levé le voile sur “Glimmer”, son langage de design pour les interfaces des futures lunettes connectées. L’objectif ? Rendre les menus lisibles sans avoir à plisser les yeux comme devant un écran de smartphone en plein soleil. Glimmer mise sur des fonds sombres, des polices épaisses et des contours plutôt que des blocs pleins pour économiser la batterie, parce que personne n’a envie de lunettes qui s’éteignent au milieu d’une réunion. Le défi est de taille : afficher des informations utiles sans transformer le monde en une soupe de pixels. Google semble avoir compris que la simplicité serait la clé, même si l’on peut toujours se demander si les utilisateurs seront prêts à troquer leurs écrans tactiles contre des menus flottants. D’ailleurs Google nous a aussi livré les premiers éléments fonctionnels de son projet ‘Genie’ destiné à créer facilement des univers 3D complets et navigables. Ce n’est qu’un début mais c’est particulièrement impressionnant. Je vous laisse imaginer les conséquences dans l’industrie de la création de contenu en XR et du jeu vidéo. 

Plusieurs synthèses intéressantes sont également parues en février sur le dernier CES, les évolutions de la RA et de la XR en 2025 et sur l’essor de la RA dans le monde des contenus pour adultes. Ce sont plusieurs visions complémentaires d’une évolution qui avance de manière constante.  

Du côté des entreprises, les annonces sont elles aussi centrées sur les lunettes, en positif avec une nouvelle levée de fonds pour VITURE ou en négatif avec l’arrêt du développement de ce type de matériel chez Vivo. Et entre les deux nous avons appris le départ de Scott Myers, vice-président de Snap chargé des lunettes de réalité augmentée Specs… Comme vous le voyez, les turbulences ne sont pas prêtes de se calmer et il n’est pas impossible que nous allions vers une sorte de Glassepocalype dans les mois qui viennent. En attendant, Samsung annonce son futur modèle et Even Reality rend disponibles les G2.

Côté usages, la réalité augmentée ne se contente pas de transformer notre vision du monde, elle bouleverse aussi les industries. DeepSight, une startup montréalaise, utilise des lunettes connectées pour capturer le savoir-faire des opérateurs expérimentés dans les usines. Leur système enregistre ce que voient, disent et font ces travailleurs, puis transforme ces données en instructions numériques accessibles via des tablettes ou des lunettes. Une solution qui pourrait révolutionner la formation et la transmission des compétences, surtout dans des secteurs comme l’agroalimentaire où les erreurs coûtent cher. Les musées, quant à eux, ont trouvé dans la réalité augmentée un moyen de séduire un public de plus en plus connecté. Le Louvre et Snapchat ont lancé une expérience qui permet aux visiteurs d’animer six chefs-d’œuvre, révélant des détails cachés et restituant leurs couleurs d’origine. À Mulhouse, une fresque interactive transforme une œuvre murale en une expérience dynamique grâce à un simple QR code. À New York, un parcours en réalité augmentée permettra cet été de revivre des moments clés de la Révolution américaine, en utilisant des éléments du jeu Assassin’s Creed pour recréer l’ambiance de l’époque. Le défi de toutes ces initiatives ? Trouver le juste équilibre entre technologie et authenticité, pour que l’expérience reste mémorable sans tomber dans le gadget.

Les lunettes connectées ne sont pas réservées aux professionnels ou aux amateurs d’art. Sherpa, un projet développé par l’Université Hongik, vise à aider les nouveaux conducteurs à apprendre la route. Ces lunettes affichent des indications directionnelles et traduisent les symboles du tableau de bord, permettant aux conducteurs de garder les yeux sur la route. Après chaque trajet, une application analyse les performances et identifie les erreurs répétitives. Une approche pragmatique qui montre que la réalité augmentée peut aussi servir à des usages quotidiens, loin des fantasmes de science-fiction.

La réalité augmentée s’invite aussi dans les restaurants. La start-up OCHEL propose aux clients de visualiser leurs plats en 3D avant de commander, transformant le menu en une expérience interactive. Une idée simple, mais qui pourrait bien changer la donne dans un secteur où l’expérience client est reine.

Alors, prêts à troquer vos lunettes de soleil contre des lunettes connectées ? Ne vous inquiétez pas, si vous oubliez de les éteindre, il y aura toujours une application pour vous le rappeler. À moins que ce ne soit Meta qui s’en charge, directement dans votre champ de vision. 

Rendez-vous en avril.

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Je suis Grégory Maubon, spécialisé dans les applications des technologies pour favoriser des innovations concrètes. Je m'intéresse aux données et à la manière dont on peut les utiliser pour améliorer la vie et le travail. Mes études en physique et en astrophysique et plus de 30 ans d'expérience dans l'industrie de la tech, en particulier dans les domaines de la réalité augmentée et de la science des données, ont façonné mon approche de l'innovation - toujours sur le terrain, avec un objectif clair. Ma carrière se distingue par ma capacité à combiner expertise technique et vision stratégique pour faciliter la mise en place de solutions numériques transformatrices.

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