Foxar propose des modules éducatifs en réalité augmentée qui collent aux programmes de l’éducation nationale

Lors de la dernière édition de Vivatechnologie, sur la zone de la région Bourgogne Franche Comté, nous avons eu un échange très intéressant avec la toute jeune société Foxar, qui développe une solution de réalité augmentée pour l’éducation. Nous sommes retournés vers Nicolas, un des deux co-fondateurs, pour en savoir plus sur cette entreprise.

Bonjour Nicolas, pourrais-tu te présenter et nous parler de l’équipe de Foxar ?

Nous sommes deux jeunes ingénieurs, Nicolas Caligiuri et Louis Jeannin. Nous avons terminé notre parcours à l’École Nationale Supérieure d’Arts et Métiers (ENSAM) l’année dernière, où nous nous sommes spécialisés dans le domaine de la réalité augmentée et de la réalité virtuelle. Je suis originaire de la région parisienne, et Louis de Dijon.

Quels sont les produits proposés par Foxar ?

L’ambition de Foxar est de proposer une bibliothèque de modules éducatifs de réalité augmentée, sous la forme d’une application pour smartphones et tablettes. Ces modules éducatifs porteront sur le programme scolaire du collège et du lycée et plus spécifiquement sur tous les points du programme qui restent abstraits sur le papier mais qui deviennent bien plus compréhensibles une fois visualisés en réalité augmentée.

Nous construisons ce projet en étroite collaboration avec des enseignants de collège et de lycée, ainsi qu’avec les autres acteurs de l’éducation nationale dont les inspecteurs d’académie et les professeurs formateurs. Le but pour nous est de répondre aux véritables besoins actuels de l’enseignement.

Vous avez choisi de vous focaliser sur le domaine de l’éducation, pourrais-tu nous expliquer les raisons de cette spécialisation ? Y a-t-il des liens privilégiés entre éducation et réalité augmentée ?

Un grand nombre d’études scientifiques ont montré le grand potentiel pédagogique de la réalité augmentée depuis une vingtaine d’année. Cette technologie permet en effet de visualiser et manipuler des objets virtuels de façon intuitive et ludique. Cela peut rendre les notions abstraites du programme plus tangibles et concrètes pour les élèves.

De plus, cet aspect intuitif et ludique, propre à la réalité augmentée, permet d’apporter autant voire plus aux élèves en difficultés qu’aux autres, contrairement à beaucoup de logiciels traditionnels, compliqués à prendre en main.

Enfin, l’éducation est un sujet qui nous passionne et nous voulions créer un produit utile pour la société, nous avons donc choisi naturellement de travailler pour l’enseignement.

Parlons des technologies que vous utilisez chez Foxar pour produire des expériences de réalité augmentée ? Quels sont vos choix et pourquoi ?

Nous développons nos modules de réalité augmentée à l’aide des outils ARKit pour iOS et ARCore pour Android, auxquels nous ajoutons notre propre bibliothèque de fonctions. Il est important pour nous de développer notre contenu à la fois pour iOS et Android, afin de le proposer à un maximum d’utilisateurs. 

Vous avez fait des tests “sur le terrain” avec vos produits, peux-tu nous décrire les réactions des élèves et des enseignants ?

Notre première mise en situation réelle a consisté en une activité de découverte des notions de vitesse et d’accélération avec une classe de 6e au collège Louis Pasteur de Saint Rémy (71). Les élèves ont beaucoup apprécié l’aspect ludique des modules de réalité augmentée. L’activité s’est pour eux rapprochée du jeu, quand dans le même temps la professeure a noté une compréhension plus rapide, surtout de la part des élèves habituellement en difficulté.

Présentation de Foxar au salon Vivatechnologie 2019

Les produits de Foxar sont-ils destinés à être utilisés en présence d’un enseignant ou envisager vous des modules plus autonomes pour l’apprenant ?

L’idée principale de notre bibliothèque de modules n’est pas de remplacer le cours du professeur, mais d’illustrer son propos, lors des travaux pratiques ou des cours.

Dans le même temps, nous souhaitons que nos modules éducatifs aient un usage le plus souple possible, et ceux-ci pourront très bien être utilisés par les élèves à la maison et partout où ils le souhaitent.

De manière plus générale, comment vois-tu le développement des usages de la réalité augmentée dans l’éducation ? Y a-t-il des challenges à relever ? Lesquels ?

Aujourd’hui, quasiment 100% des collèges disposent de tablettes et la réalité augmentée est même au programme de la matière Technologie au collège, et des sciences de l’ingénieur au lycée. Le principal frein aujourd’hui réside dans le peu de contenu existant pour ces nouveaux outils. Nous voulons justement apporter ce contenu.

Pour finir, revenons sur Foxar. Quelles sont vos prochaines grandes étapes ? De quoi avez-vous besoin ?

Notre prochaine grande étape sera le lancement d’une première offre à destination des collèges et lycées, qui se concentrera sur les matières technologie et sciences de l’ingénieur, à partir de la rentrée prochaine. Les matières physique-chimie, géographie, et mathématiques arriveront rapidement par la suite.

Notre idée est de proposer aux établissements scolaires une licence d’utilisation de l’application Foxar, à un prix très raisonnable et adapté au nombre d’élèves de l’établissement. L’achat de la licence par un établissement donnera un accès gratuit à l’application pour tous les élèves et professeurs, sur les appareils de l’établissement et sur leurs propres smartphones et tablettes.

Merci Nicolas pour cette description de Foxar et bravo pour ce développement ! Rendez-vous l’année prochaine pour suivre l’évolution de l’application.

Grégory Maubon (707 Posts)

Grégory MAUBON est responsable des données au sein de HCS Pharma, startup biotech spécialisée dans le high content screening et les pathologies complexes. Il est également Tech Evangelist en Réalité Augmentée depuis 2008, où il a crée le site www.augmented-reality.fr et a co-fondé en 2010, RA'pro l'association de promotion de la réalité augmentée. => www.maubon.com


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