Utiliser la réalité augmentée pour aider à la gestion des réseaux

Au cours des 8èmes journées de l’Association Française de Réalité Virtuelle, Augmentée, Mixte et d’Intéraction 3D (AFRV) à Laval, j’ai assisté à une présentation de la société SIG-Image sur l’ « Apports de la Réalité Augmentée à la Gestion de Réseaux et de Mobiliers Urbains ». Je vous propose une discussion avec Émeric BALDISSER (Chef de Projet Recherche Appliquée) sur cette utilisation particulière.

sig-image

Bonjour Emeric, pouvez-vous nous présenter en quelques mots SIG Image ?

aSIG-IMAGE est aujourd’hui une société éditrice de logiciels SIG (Systèmes d’Information Géographique) et CAO/DAO (Conception et Dessins Assisté par Ordinateur) qui a récemment fêté ses vingt ans. Au départ, Gilles Pichon – directeur et fondateur – a lancé cette société pour vendre des services de gestion de réseaux électriques. Désormais l’entreprise développe et commercialise en plus des logiciels et d’autres services (13 au total, pour plus de 3000 clients) pour gérer, maintenir et étudier les réseaux de gaz, les réseaux électriques et les points lumineux.

Les clients sont les installateurs de réseaux extérieurs et les gestionnaires de réseaux. Nous pouvons citer les syndicats d’électrification, les bureaux d’études, les PME et les groupes tels que Vinci, Eiffage, Bouygues.

SIG-IMAGE c’est aussi une équipe chaleureuse de 25 collaborateurs permanents, qui évolue au coeur du Pays Basque, mêlant R&D, Innovation, assistance et formation à la gestion de réseaux.

Comment la réalité augmentée peut-elle vous aider dans vos métiers ?

bOn peut constater que la réalité augmentée vient de plus en plus compléter les systèmes d’information géographique. Une multitude d’applications de réalité augmentée pour smartphones est apparue au cours des dernières années, pour le tourisme, le divertissement ou l’accessibilité. Cerise sur le gâteau, d’ici quelques semestres, nous aurons tous cet enrichissement de la réalité sur nos rétines grâce aux “smart-glasses”. On pourra alors avoir des informations directes sur ce que l’on voit, sous forme visuelle ou sonore.

Dans notre domaine en particulier, L’usage de la réalité augmentée renforce les fonctions du SIG dans la gestion de réseaux, en particulier en matière d’aide à la décision. La RA vient apporter une troisième dimension à la cartographie des ouvrages. Elle dévoile les ouvrages enterrés avec fidélité, ainsi que les relations techniques entre les réseaux.

G. Schall et al.: simulation d’ouvrage in-situ, ouvrages enterrés dévoilés.

G. Schall et al.: simulation d’ouvrage in-situ, ouvrages enterrés dévoilés.

Elle permet de réaliser des tâches techniquement complexes de façon naturelle. La fusion de capteurs qu’elle met en œuvre peut faciliter grandement les tâches de recensement d’ouvrages qui aujourd’hui demandent des techniques complexes d’optique (visées laser) et de topographie (mathématique, géométrie). Finalement elle semble aussi être un support pertinent pour effectuer des simulations de rendu in-situ (d’éclairages ou de rendu d’après-travaux) et pour permettre avec un seul outil de faire intervenir des acteurs de compétences différentes sur un même chantier d’ouvrages.

Quelles sont les principales difficultés que vous envisagez dans l’adoption de cette technologie ?

Tout d’abord, il faut enrichir la réalité de façon fiable. La précision spatiale des augmentations est particulièrement cruciale dans notre application. Lorsque l’on révèle une canalisation de gaz enfouie à un endroit, il faut éviter toute ambiguïté sur sa position. D’autant plus que dans ce contexte, on augmente un environnement plus ou moins proche. Alors que l’on a aujourd’hui des capteurs inertiels très performants, les systèmes de géolocalisation font office de réactif limitant: la précision centimétrique qu’ils offrent de façon robuste n’est pas suffisante. On sait où l’on regarde avec précision, mais on ne sait pas trop où l’on est.

e.baldisser: utilisation d’un marqueur incorporant un modèle local d’ouvrage

e.baldisser: utilisation d’un marqueur incorporant un modèle local d’ouvrage

Nous remarquons aussi que la réalité augmentée, particulièrement lorsqu’elle met en oeuvre le traitement d’image, reproduit les mécanismes cognitifs humains propre à l’interprétation et à la représentation de l’environnement visuel. La fusion d’une cartographie avec une vue allocentrée ou égocentrée requiert aussi un affichage pertinent des informations selon l’échelle, l’utilisateur et la tâche qu’il réalise. La réussite dans ce projet dépend donc de notre capacité à intégrer à la fois ces mécanismes, les règles métiers, et les méthodes de travail.

N’oublions pas que cette technologie viendra principalement assister l’utilisateur dans ses tâches techniques de relevé topographique ou de gestion de réseaux. Aujourd’hui les outils dictent les méthodes. A nous d’utiliser cet environnement de réalité mixte pour rendre le travail plus instinctif, plus humain.

Merci Emeric et, si vous vous en savoir plus, rendez-vous sur le site de la société SIG-Image.

Grégory Maubon (610 Posts)

Grégory MAUBON est responsable des données au sein de HCS Pharma, startup biotech spécialisée dans le high content screening et les pathologies complexes. Il est également Tech Evangelist en Réalité Augmentée depuis 2008, où il a crée le site www.augmented-reality.fr et a co-fondé en 2010, RA’pro l’association de promotion de la réalité augmentée.
=> www.maubon.com


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