Touchline Interactive fait le choix d’un moteur de réalité augmentée interne

Jean-Marc Krattli

Jean-Marc Krattli

Nous vous proposons aujourd’hui de découvrir une entreprise du sud de la France qui a décidé de développer sa propre solution de réalité augmentée après de nombreux tests avec les solutions du marché. Jean-Marc Krattli, fondateur et CEO de Touchline Interactive nous explique pourquoi.

Bonjour Jean-Marc, peux-tu te présenter et nous expliquer les métiers de Touchline interactive ?

Touchline est une start-up innovante qui développe essentiellement des solutions logicielles mobile de réalité augmentée.

Aujourd’hui, nos développements s’orientent autour deux d’activités principales.

Premièrement nous développons des solutions de réalité augmentée à usage professionnel en environnement industriel. Nos solutions répondent à des besoins de maintenance ou bien d’aide à la production dans des secteurs tels que ceux de l’aéronautique, de la construction ou de l’énergie.

TI3_1D’autre part, nous proposons des services professionnels spécialisés dans la réalité virtuelle et la réalité augmentée pour les secteurs du marketing et de la communication. Cette activité « Studio » permet de proposer des solutions spécifiques qui intègrent à la fois le développement logiciel et la conception & réalisation de contenus 3D ou 2D. Cette offre répond à des besoins dans les domaines du packaging, du marketing expérientiel, de la présentation de projet immobilier, de la gamification ou bien encore de la création d’outils d’aide à la vente.

Vous menez des projets de RA dans l’industrie, peux-tu nous donner un ou deux exemples concrets ? Quels ont été les bénéfices apportés spécifiquement par la RA ?

TI5_1Nous avons récemment développé une solution de maintenance corrective pour le compte d’Airbus Helicopters. Ce projet est confidentiel et je ne peux malheureusement pas détailler les travaux que nous avons réalisés pour eux. Mais il est aisé de comprendre quels seraient les bénéfices de l’intégration de la réalité augmentée pour accompagner des procédures complexes de maintenance d’un aéronef.

Les enjeux sont très forts dans l’industrie aéronautique et les acteurs de ce secteur sont à la recherche de solutions qui permettent de réduire les risques. En affichant les informations directement sur le champ de vision d’un opérateur de maintenance, la réalité augmentée permet de le guider d’une manière très directe pour exécuter des opérations complexes. Aujourd’hui, ces procédures sont généralement décrites dans des documentations papier ou électronique qu’il faut lire attentivement et qui sont parfois rébarbatives.

TI6_1En plus de l’aéronautique, nous sommes en relation avec des acteurs importants dans le secteur de la construction pour concevoir des solutions d’aide à la production permettant de guider et vérifier visuellement les phases de fabrication d’un bâtiment.

Nous avons aussi des demandes d’intégration de la réalité augmentée dans des solutions de formation dont les besoins sont relativement proches de ceux de la maintenance.

Quelles briques technologiques utilisez-vous ?

TI2_1Au démarrage de notre activité, nous avons commencé à utiliser des moteurs de réalité augmentée du marché tels que ceux d’ARToolkit, 13thLabs, Metaio et Vuforia. Ces moteurs ont (ou avaient) l’avantage d’être relativement faciles à intégrer pour développer des applications « simples ».

Certains de ces moteurs ne sont plus disponibles ou sont en passe de disparaitre pour raisons de rachat industriel (Metaio par Apple, 13thLabs par Occulus et Vuforia par Parametric Technologies).

Il y a beaucoup de SDK de réalité augmentée aujourd’hui, quels sont les bénéfices d’avoir le votre en propre ?

TI1_1Très rapidement, nous avons mené de travaux de recherche pour développer des fonctionnalités avancées et surtout pour être en capacité d’adapter le système de réalité augmentée en fonction des contraintes & spécificités des projets. En effet, la contrepartie de la facilité de mise en œuvre des moteurs existants est qu’ils sont très limités en termes de configuration et d’adaptation.

De plus, les kits de développement existants n’offrent pas un grand niveau de robustesse et de fiabilité. Il est relativement simple de monter des démonstrateurs mais il est beaucoup plus difficile de fournir des solutions exploitables dans un réel contexte industriel en utilisant ces moteurs.

Pour remédier à cette problématique de fiabilité, nous explorons actuellement d’autres types de technologies de vision par ordinateur qui exploitent des nouvelles sources d’information tels que les cartes de profondeur.  

Revenons à la RA dans l’industrie. Vous avez testé et déployé plusieurs types d’interfaces comme des lunettes ou des tablettes ? Quels sont les plus « utilisables » aujourd’hui et comment voyez-vous l’avenir ?

TI4_1Nous essayons tant que possible de tester les équipements qui apparaissent sur le marché. A ce jour, nous avons pu tester les Epson BT-100, Epson BT-200 et Google Glass et nous avons eu de retours de partenaires sur les équipements Vuzix. Nous n’avons pas encore trouvé de système satisfaisant qui permettrait de réellement libérer l’usage de la réalité augmentée.

Beaucoup des systèmes proposés sont de type « see-through ». C’est-à-dire qu’ils permettent de superposer un affichage virtuel à la vision réelle par un principe de prisme. Ce procédé n’est pas satisfaisant car il est très difficile de « caler » la superposition du monde réel et de l’environnement virtuel à cause de la capacité de l’œil à tourner dans son orbite.

Nous réalisons donc aujourd’hui la quasi-totalité de nos développements  sur smartphones et tablettes. Ces équipements n’offrent pas une expérience immersive très naturelle mais elles sont largement déployées et elles offrent des capacités de calcul suffisamment importantes pour développer des applications avancées ;  ce qui n’était, par exemple, pas le cas des Google Glass dont la puissance graphique était très limitée.

Toutefois, nous pensons que nous allons voir apparaitre de nouveaux équipements au cours des prochaines années qui vont réellement libérer la diffusion de la réalité augmentée et notamment auprès du grand-public.

Nous allons prochainement évaluer les Hololens de Microsoft et nous sommes impatients de découvrir la solution en cours de développement chez Magic Leap – entreprise de Miami dans laquelle Google a investi plus de 450 millions de dollars.

En attendant, nous sommes, à notre échelle, en cous de réflexion sur la conception d’un équipement d’affichage « naturel » de réalité augmentée pour des usages professionnels. Nous devrions disposer d’un premier prototype au cours de cette année.  

Une dernière question plus prospective. On parle beaucoup en ce moment d’industrie du future : Ce sera quoi pour vous l’industrie en 2030, quelle sera la place de la RA ?

Touchline InteractiveJe pense que le principe d’enrichissement de notre vision va prendre une place importante lorsque les barrières de l’équipement matériel seront tombées. D’ici 2030, il sera peut-être possible de fabriquer de dispositifs d’affichages intégrés dans des lentilles de contact.

Le champ des applications sera alors illimité. Nous pourrons, par exemple, devenir les acteurs de scenarios qui se joueront dans notre environnement réel… et qui permettront de transformer notre univers quotidien en théâtre d’expériences fantastiques.

Merci Jean Marc et rendez vous sur le site de Touchline Interactive pour voir toutes les réalisations de l’entreprise.

Grégory Maubon (602 Posts)

Grégory MAUBON est responsable des données au sein de HCS Pharma, startup biotech spécialisée dans le high content screening et les pathologies complexes. Il est également Tech Evangelist en Réalité Augmentée depuis 2008, où il a crée le site www.augmented-reality.fr et a co-fondé en 2010, RA'pro l'association de promotion de la réalité augmentée. => www.maubon.com


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