RealityTech explore les usages de la réalité augmentée spatiale

Depuis la participation remarquée de l’entreprise à l’édition 2018 de Laval Virtual (Prix Revolution), RealityTech a fortement développé ses produits de réalité augmentée spatiale. Pour en savoir plus avant d’aller les rencontrer sur leur stand à Virtuality, je vous invite à rencontrer Jérémy Laviole, son CEO et fondateur.

Bonjour Jérémy, pourrais-tu nous dire qui tu es et qu’est-ce que RealityTech ?

Je suis passionné de technologie, j’ai fait des études d’informatique et je me suis tourné rapidement vers la Réalité Augmentée. Les interfaces futuristes mêlant monde physique et numérique m’ont intéressé fortement. Ainsi, j’ai pu mener mes travaux de recherche en thèse sur des applications de Réalité Augmentée Spatiale (RAS). A force de monter des systèmes complexes j’ai décidé de travailler sur les systèmes directement et c’est ce que fait RealityTech.

L’objectif de RealityTech est de permettre de nouveaux usages de RAS en proposant une plateforme matérielle et logicielle adaptée.

Pourquoi avoir choisi d’utiliser la réalité augmentée spatiale dans vos réalisations ? Quels sont les avantages de cette technologie ?

La RAS ne nécessite pas d’équipement sur les utilisateurs, pas de casques, lunettes ni capteurs. Cela apporte un côté un peu magique et surtout facilement intégré à la vie de tous les jours. La projection apporte des information là où elles sont nécessaires et en contexte, c’est ce que j’appelle de la RA stricte: basée sur des activités physiques classiques sur lesquelles on ajoute des interfaces numériques.

Comment visualiser un réseau de neurones artificiels en RA ?

Pour moi cette technologie n’est pas vraiment un choix conscient. C’est d’un côté un attrait particulier pour le challenge d’intégrer la technologie dans la vie courante sans trop contraindre ce qui se fait déjà. D’un autre côté c’est apporter des interfaces et possibilités entièrement nouvelles qui est également passionnant.

Cette approche a-t-elle également des contraintes particulières ? Je pense par exemple au peu de matériel disponible.

Les contraintes sont nombreuses en effet. Il n’existe pas ou peu de matériel dédié et c’est pourquoi nous créons nos propres appareils. L’orientation initiale n’était pas vraiment la création et fabrication d’appareils, mais ça se révèle nécessaire car ces systèmes nécessitent un contrôle poussé des technologies de détections (caméras) et d’affichages (projection).

Les vidéoprojecteurs évoluent rapidement depuis 5 ou 6 ans avec l’arrivée des mini projecteurs, et maintenant des projecteurs à très bas coûts équipés de LEDs avec des bonnes résolutions. La contrainte de la luminosité reste la principale, impossible de projeter de jour en extérieur, et de nuit sans lumière les caméras ne voient pas grand chose.

Ces contraintes technologiques se résolvent à petits pas et permettent de nouveaux usages.

Quels sont les cas les plus intéressants où vous avez déployé votre produit ? Quelles étaient les demandes des utilisateurs et quels sont les retours ?

Nos premiers déploiements sont au sein de laboratoires de recherches. Les possibilités interactives de nos appareils leur permettent de créer des interfaces innovantes. En ce moment nous sommes en phases d’explorations de projets et produits en créant un maximum de prototypes pour identifier des usages pertinents.

Exploration de carte audio-tactile pour déficients visuels (projet Européen VISTE)

Nos appareils apportent beaucoup de nouvelles possibilités et chaque usage amène des contraintes. Par exemples nous travaillons sur un projet de recherche pour jeunes aveugles, dans leur projet nous avons amélioré nos algorithmes de détection de mains pour capter leurs gestes de manière plus fiable.

Nous travaillons aujourd’hui sur les projets qui fonctionnent avec la première génération d’appareils sans modifications majeures. Le potentiel est suffisant pour préparer une première production.

De manière plus général comment vois-tu l’avenir de l’utilisation de la réalité augmentée ? La RA spatiale va-t-elle s’imposer ?

La RAS va s’imposer, c’est sûr. Les grandes questions sont: quand, et comment ?

À RealityTech on travaille sur le comment en cherchant les premiers secteurs les plus intéressants. Si notre système était 10x moins cher, et tout autant performant les utilisations seraient bien plus importantes, s’il est 20x moins cher ça pourra être partout dans les magasins, écoles, bureaux, maisons. Nous travaillons sur les moyens de créer des programmes pour ces appareils, de les faire fonctionner ensemble, de mêler numérique et physique. Ces problématiques sont à résoudre pour permettre des utilisations massives. Les premiers téléphones avaient des interfaces difficiles, peu ergonomiques, puis les écrans tactiles et l’iphone est arrivé. Nous cherchons les nouveaux paradigmes d’interactions en RAS et les testons dans des contextes applicatifs variés pour trouver les meilleurs.

Avec l’amélioration des caméras, des technologies d’affichages, les miniaturisations des projecteurs et leur robustesse tout va dans la bonne direction depuis 6 ans avec l’arrivée des premiers projecteurs DLP/LED. Ainsi la question du quand reste sans réponse pour le moment. On ne sait pas ce qui fera passer le pas au niveau technologique: un nouveau laser, une puce DLP moins chère, un processeur idéal etc… Cependant les technologies actuelles sont suffisantes pour explorer les usages et travailler sur les problématiques de reconnaissances, suivi d’objets et affichages.

Sans trahir de secret, quelles sont les prochaines étapes de RealityTech ? Recherchez vous des choses en particulier ?

Aujourd’hui notre plateforme matérielle est prête et en voie d’intégration matérielle. Au niveau du logiciel la plateforme de développement est fonctionnelle également après déjà 6 ans d’existence.

Ces validations nous permettent de créer la nouvelle génération d’appareils pour la RAS, sur les mêmes bases techniques, en beaucoup plus pratique au niveau matériel et flexible au niveau logiciel avec de nouvelles possibilités d’affichages avec Unity3D.

C’est une période exaltante, car les premiers usages arrivent à grand pas. Nous recherchons toujours des nouveaux usages pour trouver pousser les limites de nos prototypes et permettre des utilisations plus vastes. Nous avons des débuts de collaborations dans les jeux sérieux, la présentation de produits, l’éducation et la vulgarisation scientifique. Chaque secteur à ses propres besoins et nous souhaitons apporter une solution clé en main pour un maximum d’usages.

Une grande partie de nos développements sont sous formes de logiciels libres, notre nouvelle plateforme logicielle pourra intégrer à la fois des composants libres et fermés pour intégrer: de l’apprentissage par ordinateur, de l’analyse d’image classique, des suivi de mouvements et des technologies d’affichages variées.

Cette plateforme apportera des affichages par Unity 3D, Processing, en web et sur d’autres frameworks supportés par les différentes communautés. Le projet sera décrit et proposé librement prochainement avec des appels à contributions et exemples de codes. Une version complète, fonctionnelle et totalement open source sera disponible dans les premiers exemples.

Merci Jérémy pour toutes ces informations et rendez-vous sur Virtuality (Stand n°11)

Grégory Maubon (727 Posts)

Grégory MAUBON est responsable des données au sein de HCS Pharma, startup biotech spécialisée dans le high content screening et les pathologies complexes. Il est également Tech Evangelist en Réalité Augmentée depuis 2008, où il a crée le site www.augmented-reality.fr et a co-fondé en 2010, RA'pro l'association de promotion de la réalité augmentée. => www.maubon.com


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